Thomas Boucksontom

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Chronique
des Découvertes
par Accident

Histoire naturelle de l'erreur heureuse,
du mauvais geste qui change tout,
et du génie qui consiste à regarder ce qu'on a raté

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Édition personnelle · MMXXVI

Il existe un mot pour désigner une découverte faite par accident : sérendipité. Il vient d'un conte persan où trois princes du Serendip — l'ancien nom de Sri Lanka — résolvent des mystères grâce à des observations fortuites et une intelligence aiguisée. Le mot dit quelque chose d'important : l'accident seul ne suffit pas. Il faut aussi quelqu'un pour le remarquer.

Louis Pasteur l'a formulé définitivement : « Le hasard ne favorise que les esprits préparés. » La pénicilline n'a pas découvert Alexander Fleming — Alexander Fleming a découvert la pénicilline parce qu'il regardait ce qu'il regardait avec des yeux capables de voir ce qui était là.

Ce livre est un catalogue de telles rencontres entre l'inattendu et l'attentif. Chaque entrée est une histoire vraie, documentée, vérifiable — et chaque entrée est, à sa façon, un argument contre l'idée que le progrès est linéaire et planifié.

— L'auteur, qui a découvert ce sujet en cherchant quelque chose d'autre

C — L

Le champagne

Fin du XVIIe siècle · Abbaye d'Hautvillers, région de Champagne

Dom Pérignon n'a pas inventé le champagne. Il a passé une bonne partie de sa carrière à essayer de s'en débarrasser. Les bulles étaient considérées comme un défaut — une fermentation secondaire non maîtrisée qui faisait exploser les bouteilles dans les caves, parfois par centaines, avec les risques physiques que cela impliquait. Les vignerons champenois appelaient ce vin « le diable en bouteille ».

Les Anglais ont changé la perspective. Importateurs de vins champenois, ils ont découvert en ajoutant un peu de sucre avant la fermentation secondaire qu'on pouvait renforcer les bulles de manière contrôlée. Ils ont aussi développé des bouteilles en verre plus épais, capables de résister à la pression. C'est en Angleterre, et non en France, que le champagne effervescent a d'abord été apprécié comme une qualité plutôt que comme un défaut.

« Dom Pérignon goûta le champagne pour la première fois et dit, selon la légende : "Je bois des étoiles." Ce qu'il n'a probablement pas dit, c'est : "Mais j'essayais justement d'empêcher ça." »

La leçon du champagne n'est pas simplement que les accidents peuvent être heureux. C'est qu'un accident perçu comme un problème par une culture peut être perçu comme une opportunité par une autre. Ce qui est défaut dans un contexte est qualité dans un autre. La réévaluation du champagne a pris un siècle et a demandé un changement de regard — pas de procédé.

Note : Dom Pérignon a quand même contribué à l'amélioration du champagne en développant des techniques d'assemblage des raisins et en perfectionnant le bouchon de liège. Son génie était réel. Il allait juste dans la mauvaise direction sur la question des bulles.

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La dynamite

1867 · Alfred Nobel, Suède / Allemagne

La nitroglycérine est un explosif puissant découvert en 1847, mais si instable qu'elle explosait de manière imprévisible — lors de chocs, de vibrations, de variations de température. Des accidents avaient déjà tué des dizaines de personnes, dont le propre frère d'Alfred Nobel en 1864. Nobel était obsédé par un problème : comment rendre la nitroglycérine utilisable sans la rendre dangereuse.

La solution est venue d'un oubli. Nobel transportait des bidons de nitroglycérine dans des caisses rembourrées de kieselguhr — une terre d'infusoires, une roche sédimentaire poreuse utilisée comme matériau d'emballage. Un des bidons a fui. La nitroglycérine s'est absorbée dans le kieselguhr. Nobel a remarqué que le mélange résultant était bien moins sensible aux chocs — et tout aussi puissant une fois initié par une détonation contrôlée.

« Nobel avait inventé ce qui allait tuer des millions de personnes et financer un prix pour ceux qui travaillent à la paix. L'accident de la dynamite a produit l'accident du prix Nobel. »

Nobel a été profondément affecté par l'usage militaire de ses inventions. Il croyait initialement que la puissance de ses explosifs rendrait la guerre trop coûteuse pour être pratiquée. Il avait tort. C'est en partie pour se racheter — ou racheter sa mémoire — qu'il a légué sa fortune à la création des prix Nobel. L'accident a tout déclenché : le fuit de nitroglycérine, les guerres, les remords, et le prix le plus célèbre du monde.

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Le LSD

16 avril 1943 · Albert Hofmann, Bâle, Suisse

Albert Hofmann, chimiste chez Sandoz, travaillait depuis 1938 sur des dérivés de l'acide lysergique — un composé extrait d'un champignon parasite du seigle, l'ergot. Il cherchait des stimulants cardiaques et respiratoires. Le vingt-cinquième dérivé de la série, le LSD-25, avait été synthétisé et mis de côté en 1938 après des résultats décevants sur les animaux.

Cinq ans plus tard, Hofmann a l'intuition de le resynthétiser. Lors de la manipulation, il absorbe par accident — probablement par contact cutané avec ses doigts — une infime quantité. Il rentre chez lui en vélo, commençant à ressentir des effets qu'il ne comprend pas encore. Ce trajet en vélo du 19 avril 1943 est désormais célébré chaque année par certains comme le « Bicycle Day ».

« Je me retrouvai dans un état de conscience extraordinairement stimulé. La clarté sensorielle et la richesse de couleurs étaient étonnantes. » — Albert Hofmann, après sa première expérience involontaire

Le LSD a eu une histoire extraordinairement complexe : recherche psychiatrique prometteuse dans les années 1950, outil de contre-culture dans les années 1960, substance interdite depuis 1968 dans la plupart des pays. Des décennies de recherche ont été interrompues. Depuis les années 2010, des études reprennent — sur la dépression résistante, le stress post-traumatique, les soins palliatifs. L'accident de 1943 ouvre à nouveau des portes fermées depuis cinquante ans.

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Le micro-ondes

1945 · Percy Spencer, Raytheon Corporation, États-Unis

Percy Spencer était ingénieur chez Raytheon et travaillait sur les magnétrons — les tubes à vide qui génèrent des micro-ondes utilisées dans les radars militaires. En passant devant un magnétron actif, il remarqua que la barre chocolatée dans sa poche avait fondu. Ce détail l'intrigua. Il mit un sachet de maïs devant l'appareil. Le maïs explosa en popcorn. Il essaya ensuite un œuf. L'œuf explosa sur son collègue.

Le premier four à micro-ondes commercial, commercialisé par Raytheon en 1947, s'appelait le Radarange. Il mesurait 1m70, pesait 340 kg, et coûtait l'équivalent de 56 000 dollars actuels. Il était destiné aux restaurants et aux navires. Ce n'est que vingt ans plus tard, dans les années 1960, que des appareils de taille domestique et de prix abordable ont été développés.

« Spencer n'a pas découvert les micro-ondes. Elles existaient et étaient utilisées. Il a découvert qu'elles pouvaient cuire un œuf. Ce sont des niveaux de découverte différents, et le deuxième a changé plus de cuisines que le premier. »

Le micro-ondes ne chauffe pas les aliments de l'extérieur vers l'intérieur, contrairement aux fours classiques. Il fait vibrer les molécules d'eau à l'intérieur des aliments, produisant de la chaleur par friction moléculaire. Les aliments sont cuits de l'intérieur par agitation moléculaire. Ce principe, fondamentalement différent de toutes les méthodes de cuisson précédentes, a été découvert par accident par un homme qui regardait son chocolat fondre dans sa poche.

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P — V

Le pacemaker

1956 · Wilson Greatbatch, New York, États-Unis

Wilson Greatbatch construisait un circuit électronique destiné à enregistrer les sons du cœur. Il fouilla dans sa boîte de résistances pour trouver une résistance de 10 000 ohms. Il prit par erreur une résistance d'un mégaohm — cent fois plus grande. Il l'installa dans le circuit. Le circuit se mit à émettre des impulsions électriques régulières dont la fréquence correspondait exactement au rythme du cœur humain.

Greatbatch se souvint que des chercheurs avaient essayé de stimuler électriquement le cœur pour compenser certaines arythmies. Il réalisa que son circuit — né d'une erreur de sélection de composant — était exactement l'appareil qu'ils cherchaient. Deux ans plus tard, il avait perfectionné un pacemaker implantable. Le premier fut implanté chez un humain en 1958.

« J'ai regardé cette petite chose entre mes doigts et j'ai su que ça pouvait sauver des vies. Mais je venais de faire une erreur. » — Wilson Greatbatch

Aujourd'hui, environ trois millions de pacemakers sont implantés chaque année dans le monde. Chacun doit son existence à une résistance prise dans la mauvaise case d'une boîte. Ce n'est pas une anecdote : c'est une leçon sur la valeur de l'attention portée à l'inattendu plutôt que sur la correction immédiate de l'erreur.

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La pénicilline

3 septembre 1928 · Alexander Fleming, Londres

Alexander Fleming rentre de vacances en septembre 1928. Une de ses boîtes de Pétri contenant des cultures de staphylocoques a été contaminée par un champignon de l'espèce Penicillium notatum pendant son absence. Ce genre d'accident arrive fréquemment dans les laboratoires de microbiologie, et la réaction ordinaire est de jeter la boîte contaminée.

Fleming la regarda. Il remarqua que là où le champignon avait poussé, les bactéries avaient disparu — une zone de clarté entourait la colonie fongique. Le champignon produisait quelque chose qui tuait les bactéries. Fleming publia sa découverte en 1929. Il ne savait pas comment isoler et purifier la molécule active. Ce sont Howard Florey et Ernst Chain qui, dix ans plus tard, développèrent la pénicilline comme médicament utilisable. Tous trois partagèrent le prix Nobel de médecine en 1945.

« La pénicilline est arrivée par accident. Mais une boîte de Pétri contaminée n'est intéressante que pour celui qui sait quoi chercher. » — Howard Florey

La pénicilline et les antibiotiques qui ont suivi ont transformé la médecine de manière plus radicale que presque n'importe quelle autre découverte. Des maladies qui tuaient systématiquement — pneumonie, syphilis, gangrène — sont devenues traitables en quelques jours. L'espérance de vie dans le monde développé a augmenté de décennies en quelques générations, en grande partie grâce à la boîte de Pétri qu'Alexander Fleming n'a pas jetée.

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Le Post-it

1968 / 1974 · Spencer Silver et Art Fry, 3M, États-Unis

Spencer Silver était chercheur chez 3M et travaillait sur les adhésifs ultra-forts. En 1968, il créa par accident un adhésif extraordinairement faible — des microsphères acryliques qui collaient légèrement à presque toutes les surfaces, se décollaient sans laisser de trace, et pouvaient recoller à nouveau presque indéfiniment. L'adhésif idéal pour ne rien faire. Silver présenta sa découverte en interne plusieurs années de suite sans trouver d'application.

Art Fry, collègue de Silver, chantait dans une chorale. Il utilisait des petits bouts de papier pour marquer les pages de son livre de cantiques. Ces bouts de papier tombaient constamment. En 1974, il se souvint de la présentation de Silver et comprit : cet adhésif inutile était exactement ce dont il avait besoin. Un signet qui colle légèrement, se décolle facilement, et peut être repositionné.

« Silver avait trouvé la solution. Le problème était qu'il ne savait pas quel était le problème. Fry avait le problème. Ensemble, ils avaient le Post-it. »

3M mit d'abord du temps à croire au produit. Un test de marché en 1977 fut un échec. La direction envisagea d'abandonner. Puis 3M distribua des échantillons gratuits dans les bureaux de Boise, Idaho. Les gens les utilisèrent, et quand les échantillons furent épuisés, ils en commandèrent. Les Post-it sont aujourd'hui vendus dans plus de cent cinquante pays. Fifty billions ont été produits. L'adhésif le plus faible du monde est l'un des produits les plus collants à leur marché.

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Le Velcro

1941 · George de Mestral, Suisse

George de Mestral, ingénieur suisse, rentra d'une promenade en montagne avec son chien en 1941. Lui et le chien étaient couverts de bardanes — ces petites boules piquantes que les enfants s'lancent et qui s'accrochent à tout. Plutôt que de pester et de s'en débarrasser, de Mestral en prit une et l'examina au microscope. Il découvrit des centaines de petits crochets qui s'accrochaient dans les boucles des fibres des vêtements et des poils du chien.

Il lui fallut dix ans pour reproduire ce système artificiellement. Les premiers essais en coton échouaient parce que les crochets s'usaient trop vite. C'est la découverte du nylon, puis son traitement par infrarouges, qui permit de créer des crochets synthétiques suffisamment résistants. Le brevet fut déposé en 1955. Le nom Velcro est une contraction du français « velours » et « crochet ».

« La nature avait inventé le Velcro pour disperser ses graines. De Mestral a simplement demandé : et si on faisait pareil pour attacher des choses ? La nature n'avait pas de brevet. »

La NASA a adopté le Velcro pour les combinaisons spatiales des astronautes dans les années 1960 — là où les fermetures éclair posaient des problèmes dans les gants pressurisés. Son image s'en est trouvée transformée : de la gadgéterie pratique à la technologie de pointe. Aujourd'hui, les applications vont des chaussures d'enfants aux prothèses médicales en passant par les équipements militaires. Tout ça parce qu'un ingénieur regardait ses chaussettes après une promenade.

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La vulcanisation

1839 · Charles Goodyear, États-Unis

Le caoutchouc naturel était connu depuis des siècles — les peuples d'Amérique centrale en fabriquaient des balles et des récipients. Mais à la température ambiante, il était collant, odorant en été, cassant en hiver. Il fondait à la chaleur et craquait au froid. Inutilisable industriellement. Charles Goodyear, inventeur américain obstiné et criblé de dettes, passa des années à essayer de rendre le caoutchouc stable, sans succès.

En 1839, il laissa tomber par accident un mélange de caoutchouc et de soufre sur un poêle chauffé. Le mélange carbonisa légèrement mais ne fondit pas. Goodyear remarqua que le bord carbonisé était exactement ce qu'il cherchait : solide, flexible, résistant à la chaleur et au froid. Il avait découvert par accident ce que des années de recherche délibérée n'avaient pas produit.

« Goodyear a découvert la vulcanisation en faisant tomber quelque chose. Ce qui aurait rendu n'importe qui furieux l'a rendu milliardaire — en théorie. En pratique, ses brevets furent pillés et il mourut endetté. La sérendipité n'est pas toujours récompensée équitablement. »

La vulcanisation a rendu possibles les pneus — et donc l'automobile, le vélo, et l'aviation. Sans le caoutchouc vulcanisé, la révolution industrielle aurait été radicalement différente. Goodyear est mort en 1860, endetté, après avoir passé sa vie à défendre ses brevets. La marque de pneumatiques qui porte son nom a été fondée quarante ans après sa mort par des gens qui n'avaient aucun lien avec lui. La sérendipité, donc, et l'injustice.

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Les rayons X

8 novembre 1895 · Wilhelm Röntgen, Würzburg, Allemagne

Wilhelm Röntgen travaillait avec des tubes cathodiques — des tubes sous vide dans lesquels un courant électrique produisait un rayon. Il couvrit un tube d'un carton noir pour bloquer la lumière visible et travailla dans une pièce obscure. Il remarqua qu'un écran fluorescent de platinobaryum laissé par hasard sur une table à l'autre bout de la pièce émettait de la lumière — bien que le carton aurait dû bloquer tout rayonnement.

Ce qui traversait le carton était un rayonnement inconnu. Röntgen l'appela « rayons X » — X pour inconnu. Il passa les six semaines suivantes à ne presque pas quitter son laboratoire, mangeant sur place, dormant peu, testant systématiquement ce que ces rayons traversaient. Il découvrit qu'ils traversaient la chair mais pas les os. La première radiographie de l'histoire fut la main de sa femme, Anna Bertha : elle vit ses propres os sur une image et dit : « J'ai vu ma mort. »

« Röntgen a découvert les rayons X le 8 novembre 1895. Il publia ses résultats le 28 décembre. En six semaines, il avait compris ce qu'il avait trouvé, vérifié ce qu'il pouvait, et écrit la découverte. C'est une vitesse remarquable pour une chose trouvée par accident. »

Röntgen reçut le premier prix Nobel de physique en 1901. Il refusa de breveter sa découverte, estimant qu'elle appartenait à l'humanité. Aujourd'hui, les rayons X sont utilisés dans la médecine, l'astronomie, la cristallographie, la sécurité aéroportuaire et des dizaines d'autres domaines. L'écran fluorescent qui s'est allumé tout seul a changé la médecine pour toujours.

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Postface

Ce que le hasard ne fait pas seul

Aucune des découvertes de ce livre n'a été faite par le hasard seul. Fleming n'aurait rien découvert s'il n'avait pas su ce que la mort des bactéries signifiait. Greatbatch n'aurait pas créé le pacemaker s'il n'avait pas connu les travaux sur la stimulation cardiaque. Goodyear n'aurait pas reconnu la vulcanisation s'il n'avait pas passé des années à chercher exactement ça.

Le hasard fournit les ingrédients. L'esprit préparé les reconnaît. Ce qui sépare un accident ordinaire d'une découverte extraordinaire, c'est la capacité à regarder l'inattendu sans le rejeter — à se demander non pas « qu'est-ce qui s'est mal passé » mais « qu'est-ce que cela veut dire ».

Fin de la chronique.
Le prochain accident est probablement en train de se produire quelque part.

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