Thomas Boucksontom

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Bestiaire
de l'Improbable

Portraits d'animaux qui auraient dû
être impossibles
et qui ont quand même existé

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Édition personnelle · MMXXVI

Les livres de zoologie classent les animaux selon leur ordre, leur classe, leur famille. Ce bestiaire utilise un autre critère : l'improbabilité. Chaque créature ici répertoriée est un défi à l'intuition, une anomalie que l'évolution a pourtant validée, un être dont l'existence même semble une plaisanterie de la biologie.

Ils existent tous. Aucun n'est inventé. C'est là leur point commun le plus étonnant.

— L'auteur, après trop de temps passé à lire de la zoologie à des heures indues

A — C

L'axolotl

L'axolotl est un amphibien mexicain qui a décidé de ne jamais grandir. Dans le règne animal, la métamorphose — la transformation de la larve en adulte — est un passage obligé. L'axolotl l'a esquivé. Il garde toute sa vie ses branchies externes en panache, ses yeux sans paupières, sa silhouette juvénile. C'est ce qu'on appelle la néoténie : le maintien de caractères larvaires à l'âge adulte.

Mais le plus remarquable chez l'axolotl n'est pas ce qu'il ne fait pas — il ne grandit pas — c'est ce qu'il peut faire : se régénérer. Un membre amputé repousse. Une partie du cœur sectionnée se reconstitue. Une portion de cerveau détruite se reforme avec une précision telle que les fonctions cognitives sont rétablies. Aucun mammifère ne possède cette capacité. Les chercheurs en médecine régénérative étudient les mécanismes moléculaires de l'axolotl dans l'espoir de les transposer un jour à la médecine humaine.

« L'axolotl était un dieu pour les Aztèques. Xolotl, dieu des éclairs et de la mort, se serait transformé en axolotl pour échapper au sacrifice. Il continue d'échapper à la mort, mais par la biologie plutôt que par la mythologie. »

L'espèce est endémique du lac Xochimilco, à Mexico — un réseau de canaux qui se réduit d'année en année sous la pression urbaine. Dans la nature, l'axolotl est en danger critique d'extinction. Quelques centaines d'individus subsistent peut-être à l'état sauvage. En laboratoire, en revanche, des millions d'axolotls vivent dans des aquariums à travers le monde, utilisés pour la recherche ou vendus comme animaux de compagnie. L'animal qui ne meurt pas de ses blessures est en train de mourir de la nôtre.

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Le blob

Le blob n'est ni un animal, ni une plante, ni un champignon. C'est un organisme unicellulaire — une seule cellule géante, parfois de la taille d'une assiette — appartenant à un groupe appelé les myxomycètes. Il n'a pas de cerveau. Il n'a pas de neurones. Il n'a pas d'organes. Et pourtant il apprend, résout des labyrinthes, anticipe des événements réguliers, et prend des décisions.

L'expérience la plus célèbre a placé un blob à une extrémité d'un labyrinthe et de la nourriture à l'autre. En quelques heures, le blob a exploré toutes les voies et concentré sa masse sur le chemin le plus court. Ce résultat avait pris aux chercheurs plusieurs semaines à calculer mathématiquement. Le blob, sans aucune structure computationnelle identifiable, l'a résolu en temps réel.

« Le blob a prouvé que l'intelligence n'a pas besoin d'un cerveau. Cela devrait nous rendre humbles — ou inquiets, selon le tempérament. »

Le blob a sept cent vingt sexes. Non pas deux, non pas quelques-uns — sept cent vingt types génétiques distincts qui peuvent se fusionner lors de la reproduction. La biologie qui nous semblait binaire — mâle et femelle — n'est qu'une solution parmi des centaines que l'évolution a testées.

Quand deux blobs se rencontrent, ils fusionnent et partagent leurs expériences. Des chercheurs ont montré qu'un blob entraîné à ignorer une substance irritante (mais non dangereuse) peut transmettre cet apprentissage à un blob non entraîné par simple contact. La connaissance passe de l'un à l'autre sans langage, sans synapse, sans aucun mécanisme que nous comprenons encore.

Note : un blob vit au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris depuis 2019. Il s'appelle "Blottière". Il y est étudié et exposé au public. Il a survécu à toutes les tentatives accidentelles de le tuer. Les blobs sont quasiment indestructibles à petite échelle : on peut les diviser, les sécher, les congeler — ils reviennent.

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La crevette mantis

La crevette mantis est peut-être l'animal le plus violent de l'océan pour sa taille. Elle possède deux appendices en forme de massue qu'elle peut déployer à une vitesse de vingt-trois mètres par seconde — soit la décélération d'une balle de 0,22 calibre. L'impact est si violent qu'il crée une bulle de cavitation : la pression à l'endroit du coup chute si brutalement que l'eau elle-même se vaporise localement, créant une lumière — la sonoluminescence — et une onde de choc secondaire presque aussi puissante que le coup lui-même. Sa proie reçoit donc deux coups au prix d'un.

Ses yeux sont encore plus extraordinaires. Là où les humains ont trois types de photorécepteurs, la crevette mantis en a seize. Elle peut percevoir des longueurs d'onde ultraviolettes et infrarouges, et dispose d'une perception des couleurs polarisées — un type de vision que aucun autre animal connu ne possède à ce degré. Et pourtant, paradoxalement, les études suggèrent qu'elle distingue les couleurs moins bien que les humains en termes de nuances. Elle a plus de récepteurs, mais les utilise différemment — probablement pour une reconnaissance rapide de catégories plutôt que pour une discrimination fine.

« Seize types de photorécepteurs pour voir un monde que personne d'autre ne verra jamais. Il y a quelque chose de profondément solitaire dans cette singularité. »

Les crevettes mantis forment des couples monogames durables — parfois pour vingt ans. Elles partagent leur terrier, chassent parfois ensemble, et s'engagent dans des comportements de soins mutuels. L'animal le plus violent de l'océan est aussi, dans sa vie privée, remarquablement fidèle.

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M — P

La méduse immortelle

Il existe une méduse biologiquement immortelle. Turritopsis dohrnii, qui mesure environ cinq millimètres, peut — lorsqu'elle est soumise au stress, à la maladie, à la faim, ou simplement au vieillissement — revenir à son stade larvaire, se réinstaller sur un substrat, et recommencer sa vie depuis le début. Ce processus, appelé transdifférenciation, permet à ses cellules adultes de se dédifférencier et de redevenir des cellules souches pluripotentes, puis de se développer à nouveau en organisme adulte.

En théorie, ce cycle pourrait se répéter indéfiniment. En théorie, cet animal ne mourrait jamais de vieillesse. Dans les faits, il est mangé par des prédateurs, tué par des maladies, emporté par des changements environnementaux — il est mortel dans la pratique, immortel dans le principe. C'est la distinction qui compte.

« L'immortalité existe. Elle est transparente, microscopique, et vit dans les eaux de la Méditerranée et du Pacifique. Nous ne savons toujours pas pourquoi nous ne pouvons pas faire la même chose. »

Les biologistes qui étudient le vieillissement se passionnent pour Turritopsis dohrnii. Si on comprenait précisément comment ses cellules inversent leur horloge biologique, on pourrait envisager des thérapies anti-vieillissement fondées sur des mécanismes similaires. La méduse immortelle n'est pas qu'une curiosité : c'est peut-être une des clés les plus importantes de la médecine du futur — si jamais on parvient à lire ce qu'elle tient dans ses cinq millimètres de tissu gélatineux.

Note : l'espèce a envahi les océans du monde entier, probablement via l'eau de ballast des navires. Sa présence est désormais signalée sur tous les continents. La méduse immortelle est aussi une grande voyageuse.

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L'oiseau lyre

La mégathe queue-en-lyre — le superbe oiseau-lyre d'Australie — est peut-être le meilleur imitateur sonore du règne animal. Il peut reproduire avec une précision stupéfiante les sons de son environnement : les cris d'une vingtaine d'autres espèces d'oiseaux, mais aussi les sons produits par les humains. Des enregistrements ont capturé des oiseaux-lyres imitant le bruit d'une tronçonneuse, d'une caméra avec déclencheur mécanique, d'une alarme de voiture, d'un marteau-piqueur, et même d'une fusée de feu d'artifice.

Ce n'est pas de l'imitation mécanique. L'oiseau-lyre intègre ces sons dans ses chants de parade — des performances complexes de plusieurs minutes destinées à attirer les femelles. Il n'imite pas au hasard : il sélectionne, combine et chorégraphie les sons qu'il a appris dans un contexte précis, avec un timing et une variation qui évoquent une composition musicale.

« Quand une forêt en Australie résonne du bruit d'une tronçonneuse, vérifiez d'abord que ce n'est pas un oiseau qui vous dit que les bûcherons ont été là. »

Les males passent des années à perfectionner leur répertoire. Les jeunes écoutent et mémorisent ; les adultes répètent et ajustent. Certains sons appris par des oiseaux dans les années 1960, quand des touristes photographiaient avec des appareils mécaniques, se transmettent encore de génération en génération — les jeunes imitent leurs pères qui imitaient des appareils photo qui n'existent plus. Le chant devient une archive sonore de ce qui a existé dans cet endroit.

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Le platypus

Quand les premiers spécimens de platypus arrivèrent en Angleterre en 1799, les naturalistes crurent à une fraude. Un mammifère avec un bec de canard, une queue de castor, des pattes palmées de loutre, et — détail qui mit un terme à la controverse sur la fraude mais lança une controverse encore plus profonde — qui pondait des œufs. George Shaw, conservateur du British Museum, examina la peau et chercha la couture qui devait unir les parties artificiellement assemblées. Il ne la trouva pas.

Le platypus est un mammifère à part — un monotrème, avec deux autres espèces d'échidnés. Il pond des œufs mais allaite ses petits. Il n'a pas de mamelons : le lait suinte à travers la peau de la mère et les petits le lèchent. Le mâle porte un éperon venimeux sur la cheville postérieure — le seul mammifère venimeux en dehors des musaraignes et des taupes à museau étoilé.

« L'évolution du platypus ressemble à un projet de lycéen fait la nuit avant la date limite. Et pourtant il fonctionne parfaitement depuis deux cents millions d'années. »

Le platypus perçoit le monde principalement via l'électrolocation : son bec est couvert de dizaines de milliers de récepteurs électriques qui détectent les champs électriques produits par les contractions musculaires des proies dans l'eau. En plongeant, il ferme ses yeux, ses oreilles et ses narines — et navigue et chasse exclusivement par électrolocation. Il voit son monde en champs électriques invisibles, dans un registre sensoriel que nous ne pouvons qu'imaginer.

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R — T

Le rat-taupe nu

Le rat-taupe nu — Heterocephalus glaber — est le mammifère le plus étrange sous presque tous les aspects. Il est quasiment insensible à la douleur cutanée : sa peau manque de substance P, le neuropeptide transmetteur de la douleur de surface. Il peut donc être brûlé, pincé ou exposé à des acides sans réagir, là où un mammifère ordinaire fuirait ou vocaliserait. C'est aussi le seul mammifère véritablement éctotherme — sa température corporelle suit celle de son environnement, comme un reptile, contrairement aux autres mammifères.

Il vit jusqu'à trente ans — un record absolu pour un rongeur de cette taille. Un rat ordinaire vit deux à trois ans. La plupart des rongeurs meurent jeunes, mangés ou usés. Le rat-taupe nu semble ignorersuperbement la sénescence : ses risques de mourir n'augmentent pas avec l'âge. Il ne développe pas de cancers. Son organisme maintient ses fonctions avec une constance que les gérontologues étudient avec une fascination croissante.

« Laid, sans poils, aveugle, froid au toucher, insensible à la douleur, et immortel ou presque. Il n'y a aucune justice esthétique dans la biologie. »

Sa structure sociale est unique parmi les mammifères : eusociale, comme les abeilles. Une reine unique se reproduit ; les autres — des centaines d'individus — sont des ouvrières et soldats stériles. Si la reine meurt, des femelles entrent en compétition et la dominante développe des capacités reproductrices en quelques semaines — son corps se transforme littéralement au contact du pouvoir. Les biologistes continuent de débattre des mécanismes hormonaux qui permettent cette plasticité extraordinaire.

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Le tardigrade

Le tardigrade — également appelé « ours d'eau » — mesure entre 0,1 et 1,5 millimètres. Il est translucide, a huit pattes griffues, un visage circulaire qui semble aspirer le monde, et il est pratiquement indestructible. Il a été soumis à des températures de −272°C (juste au-dessus du zéro absolu) et de +150°C — il a survécu aux deux. Il a été exposé aux rayonnements ionisants à des doses mille fois supérieures à ce qui tue un humain. Il a été placé dans le vide de l'espace pendant dix jours sans protection. Il a survécu.

Le secret du tardigrade est la cryptobiose : lorsque les conditions deviennent insupportables, il expulse presque toute l'eau de son corps, contracte ses membres, et entre dans un état appelé le tonneau — un état de vie suspendue dans lequel tout son métabolisme s'arrête. Il peut rester ainsi pendant des décennies. L'ajout d'eau suffit à le réactiver.

« Des tardigrades ont survécu au voyage dans l'espace. Si jamais nous envoyons un vaisseau vers une autre étoile, les passagers les plus robustes seront microscopiques. »

En 2019, une sonde israélienne — Beresheet — s'est écrasée sur la Lune avec à son bord des milliers de tardigrades en cryptobiose. Ils ont peut-être survécu à l'impact. Personne ne le sait. Personne n'est allé vérifier. Il est théoriquement possible qu'il y ait des tardigrades vivants sur la Lune en ce moment, attendant de l'eau qui ne viendra jamais.

Les tardigrades existent depuis plus de cinq cents millions d'années. Ils ont survécu aux cinq extinctions massives de la Terre. Si un astéroïde exterminait la vie complexe demain, les tardigrades survivraient probablement. La vie la plus résistante est aussi la plus petite.

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La pieuvre mimétique

La pieuvre mimétique — Thaumoctopus mimicus — découverte en Indonésie en 1998 — ne se contente pas de se camoufler comme les autres pieuvres. Elle imite d'autres espèces. Elle aplatit et étire ses bras pour ressembler à un poisson-lion. Elle se couvre de sable et adopte la silhouette d'une sole. Elle replie ses bras de façon à ressembler à un serpent de mer rayé. Les chercheurs ont identifié plus de quinze espèces différentes qu'elle peut imiter selon le prédateur en présence.

Ce qui est fascinant, c'est que le choix du modèle semble dépendre du contexte. Face à un poisson-demoiselle agressif, la pieuvre mimétique imite le serpent de mer rayé — un prédateur naturel du poisson-demoiselle. Elle n'imite pas au hasard : elle sélectionne la bonne menace pour le bon prédateur. Cela suppose une forme de reconnaissance de l'espèce adverse et une mémoire des associations prédateur-proie.

« Être soi-même est peut-être une stratégie parmi d'autres. La pieuvre mimétique suggère qu'être quelqu'un d'autre peut être plus efficace. »

Toutes les pieuvres peuvent changer de couleur et de texture. La pieuvre mimétique ajoute un niveau supplémentaire : elle change de forme, de comportement et d'identité écologique. C'est le seul animal connu qui pratique le mimétisme multiple et comportemental simultanément. Elle est, à sa manière, une actrice. Une actrice qui joue pour sa vie, chaque jour, dans les eaux peu profondes des mers tropicales.

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Le crabe fer à cheval

Le limule — Limulus polyphemus — n'est pas un crabe. C'est un arthropode dont les parents les plus proches sont les araignées et les scorpions. Il y a quatre cent cinquante millions d'années, le limule avait l'aspect qu'il a aujourd'hui. Il a traversé cinq extinctions massives sans changer de forme. Il a vu passer les trilobites, les dinosaures, les mammifères, les humains. La sélection naturelle n'a pas jugé utile de le modifier. On appelle cela un fossile vivant.

Son sang est bleu — comme celui de la pieuvre, pour les mêmes raisons : l'hémocyanine cuivrée remplace l'hémoglobine ferrée. Mais le sang du limule a une propriété unique : il coagule instantanément au contact de certaines bactéries pathogènes. Cette réaction, appelée lysat d'amoebocytes de limule, est le seul test au monde capable de détecter en quelques minutes les endotoxines bactériennes dans les médicaments injectables.

« Chaque vaccin injecté dans un bras humain depuis les années 1970 a été testé avec du sang de limule. L'animal le plus ancien de l'océan est au cœur de la médecine la plus moderne. »

Chaque année, des centaines de milliers de limules sont capturés, saignés (à environ trente pour cent de leur volume sanguin), puis relâchés. Le taux de mortalité lié à cette procédure est débattu, mais significatif. L'industrie pharmaceutique mondiale dépend de cet animal pour la sécurité de ses produits. Des alternatives synthétiques existent, mais la transition est lente. L'être le plus ancien de l'océan est aussi l'un des plus exploités par l'espèce la plus récente.

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Postface

Ce que le bestiaire nous dit

Ces animaux n'ont pas été sélectionnés pour leur utilité pédagogique ou leur valeur symbolique. Ils existent parce que l'évolution a testé des solutions, et que ces solutions ont fonctionné. La méduse qui rajeunit, le blob qui pense sans cerveau, le tardigrade qui survit à l'espace — aucun de ces résultats n'était prévisible. Aucun ingénieur n'aurait conçu ces formes. Et pourtant elles sont là, solides, durables, souvent plus anciennes que notre espèce ne saura jamais l'être.

Ce bestiaire est une invitation à revoir notre définition de l'improbable. Ce que nous appelons improbable, c'est ce que nous n'aurions pas imaginé. La nature, elle, n'imagine pas — elle essaie. Et parfois, parmi les millions d'essais, il en reste un qui défie toute attente et survit quand même.

Fin du bestiaire.
Les animaux continuent sans attendre notre approbation.

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