Thomas Boucksontom

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Dictionnaire
des Émotions
Sans Nom

Ce que nous ressentons
mais que notre langue
n'a pas encore décidé de nommer

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Édition personnelle · MMXXVI

Les émotions existent avant les mots qui les nomment. Mais sans mot, une émotion est difficile à partager, difficile à reconnaître chez autrui, difficile à se rappeler avec précision. Le mot fait la catégorie. La catégorie fait la conscience.

Ce dictionnaire répertorie des émotions que d'autres langues ont nommées — et que le français n'a pas encore daigné recenser. Ce n'est pas que nous ne les ressentons pas. C'est que nous avons dû jusqu'ici les vivre sans étiquette, ce qui revient à traverser un territoire sans carte.

Chaque entrée est à la fois une définition et une reconnaissance : vous avez ressenti cela. Il existe un mot pour ça. Vous n'étiez pas seul.

— L'auteur, qui a vécu la plupart de ces émotions avant d'avoir les mots pour les nommer

A — H

L'appel du vide

Français — l'appel du vide

Vous êtes au bord d'une falaise. Le paysage est magnifique. Vous n'avez aucune intention de sauter — et pourtant, quelque chose en vous ressent une impulsion brève, presque abstraite, vers le bord. Vous reculez. Ce n'était rien. Mais il y avait quelque chose.

Ce phénomène, que le français nomme « l'appel du vide », a été étudié par les psychologues. Il touche environ la moitié de la population — y compris des personnes qui n'ont aucune tendance suicidaire. Les chercheurs pensent que ce n'est pas un désir de mort, mais son contraire : une prise de conscience soudaine de sa propre vulnérabilité et la réaction du cerveau à cette conscience. Le cerveau voit le danger, génère une impulsion de survie — « ne saute pas » — et cette impulsion est si forte qu'elle ressemble à une tentation.

« L'appel du vide n'est pas le désir de mourir. C'est le vertige de comprendre que la vie tient à si peu. »

La même impulsion existe dans d'autres contextes : l'envie de rouler légèrement plus vite qu'il ne faudrait, l'envie de dire la chose qu'on ne devrait pas dire à la mauvaise personne, l'envie de tout quitter pour quelque chose d'inconnu. Ces micro-appels du vide ponctuent l'existence de la plupart des gens. Ils sont le signe que notre cerveau perçoit en permanence l'écart entre ce qui est et ce qui pourrait être — et que cet écart fascine autant qu'il effraie.

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Le dépaysement

Français — dépaysement (intraduisible en anglais)

Le dépaysement est l'état produit par le fait d'être dans un lieu étranger — une déstabilisation douce du sentiment d'appartenance, une sensation d'être hors du contexte dans lequel on se définit habituellement. Le mot français n'a pas d'équivalent anglais direct : « change of scenery » n'en capture que la surface.

Le dépaysement peut être agréable ou inconfortable selon le voyageur. Pour certains, l'étrangeté du nouveau lieu libère — on n'est plus attendu, on n'a plus de rôle assigné, on peut être différent de ce qu'on est chez soi. Pour d'autres, cette même étrangeté crée de l'anxiété : les repères manquent, les codes sont illisibles, le sol familier a disparu.

« On voyage pour se dépayser, c'est-à-dire pour s'arracher à son pays intérieur autant qu'à son pays géographique. »

Le philosophe Victor Segalen — médecin de la marine française, poète et sinologue — a théorisé ce qu'il appelait l'Exotisme : non pas le pittoresque superficiel du touriste, mais la perception profonde de la différence, la conscience aiguë que l'autre vit dans un univers dont on ne connaîtra jamais que l'extérieur. Le dépaysement véritable, selon lui, n'est pas confortable. C'est une rencontre avec la limite de sa propre compréhension du monde.

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Hygge

Danois / Norvégien — hygge (prononcé "HUE-gah")

Le hygge est un état de bien-être calme et intime, généralement partagé avec quelques personnes proches dans un contexte confortable et chaleureux. C'est la bougie allumée quand il fait nuit tôt. C'est la couverture sur les jambes pendant un film. C'est le thé chaud, la conversation sans pression, la lumière douce. Le hygge ne se traduit pas en français — « cosy » en anglais en capture une partie, mais pas la dimension philosophique que les Danois lui accordent.

Dans les pays scandinaves, le hygge est une valeur culturelle, pas seulement un sentiment. Les Danois organisent leur vie autour de lui. Les soirées sont conçues pour le favoriser — pas de lumière trop vive, pas de conversations trop tendues, pas d'agendas chargés. Le hygge est une réponse culturelle aux longs hivers sombres : si on ne peut pas changer le temps dehors, on peut transformer l'espace dedans.

« Le hygge ne s'achète pas. Il s'installe quand on arrête de vouloir quelque chose et qu'on commence à apprécier ce qui est là. »

Les pays scandinaves figurent régulièrement en tête des classements mondiaux de bonheur. Les chercheurs en bien-être subjectif ont identifié le hygge — et des concepts proches, comme le lagom suédois (la juste mesure) — comme des facteurs culturels qui contribuent à cet indice. L'art de créer de l'intimité dans le quotidien n'est pas une anecdote : c'est peut-être une philosophie de vie.

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M — S

Mamihlapinatapai

Yaghan — langue du peuple Yamana, Patagonie

Le mamihlapinatapai est le regard partagé entre deux personnes qui désirent toutes les deux la même chose, mais qu'aucune des deux n'est prête à initier. C'est le moment de l'hésitation mutuelle, de la conscience simultanée, du silence qui dit tout sans rien résoudre. Il n'existe peut-être pas d'instant humain plus chargé de non-dit.

La langue yaghan, qui donne ce mot, était parlée par les peuples de la Terre de Feu — à l'extrémité sud de l'Amérique, dans l'un des environnements les plus hostiles habités par des humains. Cette langue est aujourd'hui presque éteinte : une dernière locutrice native, Cristina Calderón, est décédée en 2022 à quatre-vingt-treize ans. Avec elle a disparu la voix d'une langue qui avait trouvé un mot pour un des moments les plus universels de la condition humaine.

« Mamihlapinatapai. Le mot le plus difficile à prononcer pour quelque chose d'universel. Comme si la langue avait voulu protéger le moment en le rendant difficile à nommer. »

Ce mot est souvent cité comme l'un des plus intraduisibles du monde — et comme preuve que les émotions complexes existent avant d'être nommées. Des millions de personnes qui n'ont jamais entendu ce mot ont vécu ce moment. Le manque de mot ne supprimait pas l'expérience : il en rendait le partage plus difficile.

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Mono no aware

Japonais — 物の哀れ · "la sensibilité des choses"

Le mono no aware est la conscience poignante de l'impermanence des choses, teintée d'une tristesse douce-amère qui n'est pas sans beauté. C'est ce qu'on ressent devant les fleurs de cerisier qui tombent — leur beauté est inséparable de leur durée brève. C'est la mélancolie d'un coucher de soleil magnifique, qui est magnifique en partie parce qu'il finit.

Le concept est central dans l'esthétique japonaise et trouve son expression dans le wabi-sabi — la beauté de ce qui est imparfait, incomplet, éphémère — et dans la tradition du hanami, l'observation contemplative des cerisiers en fleur, qui ne dure que quelques jours. On organise des pique-niques spéciaux pour regarder tomber des pétales. L'événement tire sa valeur de sa disparition imminente.

« Les fleurs de cerisier sont belles parce qu'elles tombent. Une fleur de cerisier immortelle ne serait qu'une fleur de plastique. » — Réflexion traditionnelle japonaise

L'occidentale philosophie tend à chercher la permanence — les vérités éternelles, les amours pour toujours, les œuvres qui traversent les siècles. Le mono no aware propose autre chose : que c'est précisément la finitude qui donne à chaque chose sa valeur, son poids émotionnel, son urgence. Une fleur qui ne tomberait jamais ne vaudrait pas la peine d'être regardée. C'est une philosophie que les Épicuriens auraient reconnue, mais qu'ils n'avaient pas nommée avec cette précision.

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Saudade

Portugais — saudade

La saudade est peut-être le mot le plus célèbre parmi les intraduisibles. C'est un état de mélancolie nostalgique pour quelque chose d'absent — une personne, un lieu, un temps, ou même quelque chose qui n'a jamais existé mais dont on ressent le manque. Ce n'est pas de la tristesse simple : il y a dans la saudade quelque chose de doux, presque de précieux. Le manque lui-même est une forme de présence.

Fernando Pessoa, poète portugais, a écrit sur la saudade avec une précision qui n'a pas été dépassée : « La saudade est la présence de l'absence. » Ce qu'on a perdu n'est pas parti — il est là, sous forme de manque, et ce manque a une forme, une couleur, un poids. La saudade n'est pas une blessure : c'est une empreinte.

« La saudade est la présence de l'absence. » — Fernando Pessoa

Les Portugais ont érigé la saudade en identité nationale. Le fado — la musique traditionnelle portugaise — est fondé sur elle. Les maisons et les carreaux de faïence, les bateaux et les mers lointaines — tout l'imaginaire culturel portugais est imprégné de cet état. Une nation dont l'histoire est faite de navigations, de départs et de retours incertains a peut-être développé ce mot parce qu'elle en avait besoin.

Il y a dans la saudade une acceptation que n'a pas la nostalgie française ou le Heimweh allemand. La saudade ne cherche pas à récupérer ce qui manque — elle l'honore dans son absence. C'est un deuil sans résolution et sans amertume.

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Schadenfreude

Allemand — Schadenfreude · "joie du dommage"

La Schadenfreude est le plaisir ressenti face au malheur d'autrui. C'est un mot allemand entré dans de nombreuses langues faute d'équivalent — parce que l'émotion qu'il décrit est universelle, mais que beaucoup de cultures ont préféré ne pas la nommer, comme si l'absence de mot pouvait la rendre moins réelle ou moins avouable.

Elle est pourtant bien réelle. Des études en neurosciences ont montré que les zones du cerveau associées à la récompense s'activent lorsqu'on apprend qu'une personne que l'on perçoit comme concurrente ou supérieure vit un revers. Ce n'est pas une perversité rare : c'est un mécanisme social. Dans des groupes où les ressources sont limitées, le recul de l'autre peut représenter un avantage pour soi. Le cerveau récompense ce qu'il perçoit comme un gain relatif, même sans gain absolu.

« La Schadenfreude est la plus commune des émotions et la moins avouée. Elle prouve que nous nous mesurons aux autres même quand nous prétendons ne pas le faire. »

La Schadenfreude est plus intense lorsqu'on estime que la personne a mérité son malheur, ou lorsqu'elle nous a précédemment blessés. Dans ces cas, elle se mêle de justice — ce que les psychologues appellent le plaisir de voir l'ordre rétabli. La frontière entre Schadenfreude et sentiment de justice est plus floue qu'on ne le croit.

Reconnaître cette émotion en soi est une forme d'honnêteté. L'ignorer est une forme de confort moral. Les deux choix ont leurs mérites.

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Sonder

Néologisme anglais — The Dictionary of Obscure Sorrows, John Koenig, 2012

Le sonder est la réalisation soudaine que chaque passant possède une vie aussi vivante et complexe que la vôtre — avec ses propres ambitions, ses amis, ses routines, ses angoisses, ses joies secrètes et ses drames privés. Une vie entière, dense, continue, dont vous ne serez jamais qu'un figurant anonyme, comme eux dans la vôtre.

Ce mot a été inventé par John Koenig pour son projet The Dictionary of Obscure Sorrows — un dictionnaire de sentiments humains pour lesquels aucun mot n'existait encore. Le sonder n'est pas un mot ancien : il a quelques années d'existence. Et pourtant il a été adopté avec une vitesse qui dit quelque chose sur le besoin qu'il comblait. Les gens l'ont reconnu immédiatement parce qu'ils avaient ressenti cela des dizaines de fois sans pouvoir le nommer.

« Chaque inconnu que vous croisez dans la rue joue le rôle principal dans une histoire dont vous ne verrez jamais le premier ni le dernier chapitre. »

Le sonder est une forme d'empathie radicale — pas envers une personne en particulier, mais envers l'humanité en général. C'est la conscience vertigineuse que la complexité intérieure que vous ressentez en vous-même existe à l'identique dans chaque être humain que vous ne regardez pas vraiment. Les files d'attente, les métros, les aéroports — tous ces lieux de masses deviennent différents si on les traverse avec la conscience du sonder.

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Toska

Russe — тоска

Vladimir Nabokov, qui écrivait en russe, en français et en anglais avec une égale maîtrise, a déclaré que le mot toska était intraduisible. Il a quand même essayé : « Un sentiment de grand désir sans objet spécifique. Un achement de l'âme, un désir intense de quelque chose. Dans sa manifestation la plus douce, c'est une vague de l'âme, une nostalgie douloureuse. Dans ses manifestations les plus intenses, c'est une sensation d'agonie et d'aspiration désespérée. »

La toska se distingue de la tristesse en ceci qu'elle n'a pas d'objet identifiable. On ne sait pas de quoi on manque. On manque de quelque chose qui n'a peut-être pas de nom, qui n'existe peut-être pas, qui est peut-être une version de soi-même ou du monde qu'on n'atteindra jamais. C'est le mal du pays d'un pays qu'on n'a jamais visité.

« No single word in English renders all the shades of toska. » — Vladimir Nabokov

Dans la littérature russe, la toska est omniprésente. Tchekhov, Dostoïevski, Tourgueniev — leurs personnages en sont traversés. Certains critiques ont soutenu que la toska était une émotion particulièrement russe, liée aux immensités de la steppe, aux hivers interminables, à l'espace si grand qu'il rend le désir d'ailleurs structurellement insatisfaisable. D'autres pensent que c'est une émotion humaine universelle que les Russes ont simplement eu l'honnêteté de nommer.

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Tsundoku

Japonais — 積ん読 · "empiler pour lire"

Le tsundoku est l'acte d'acheter des livres et de les laisser s'accumuler sans les lire. La pile de livres sur la table de nuit. La bibliothèque dont on n'a lu que le tiers. Les livres achetés avec l'intention certaine de les lire — un jour, quand on aura le temps. Ce jour arrive rarement. La pile grandit.

Le mot japonais fusionne tsunde (empiler) et oku (laisser en attente) avec doku (lecture). L'idée est ancienne — le mot apparaît dans des textes du XIXe siècle — mais elle décrit une réalité universelle que les amoureux des livres reconnaissent immédiatement et avec un mélange de honte douce et de satisfaction secrète.

« Une bibliothèque idéale n'est pas une bibliothèque de livres lus. C'est une bibliothèque de livres qu'on pourrait lire. » — Nassim Nicholas Taleb, qui préconise d'acheter plus de livres qu'on ne peut en lire.

Umberto Eco avait des dizaines de milliers de livres dont il n'avait pas lu la majorité. Il appelait cette bibliothèque une anti-bibliothèque — non pas une collection de ce qu'on sait, mais un rappel constant de ce qu'on ne sait pas encore. Les livres non lus ne sont pas des échecs : ce sont des possibilités. La bibliothèque idéale n'est pas celle dont on a lu tous les titres — c'est celle dont on voudrait avoir le temps de tout lire.

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Weltschmerz

Allemand — Weltschmerz · "douleur du monde"

Le Weltschmerz est la douleur causée par l'écart entre le monde tel qu'il est et le monde tel qu'il devrait être. Ce n'est pas le désespoir face à un événement particulier — c'est une souffrance diffuse, structurelle, née de la conscience permanente de l'injustice, de la violence, de la souffrance inutile qui existe dans le monde. C'est le poids d'être un être sensible dans un monde imparfait.

Le mot a été popularisé par le poète allemand Jean Paul au début du XIXe siècle. Les romantiques allemands — Novalis, Hölderlin, le jeune Goethe — en étaient tous porteurs à des degrés divers. C'est une émotion qui touche particulièrement ceux qui ont une sensibilité élevée aux injustices et une imagination suffisamment développée pour visualiser comment le monde pourrait être autrement.

« Le Weltschmerz est le prix de l'idéalisme. Celui qui n'espère rien ne souffre pas de voir ses espoirs déçus. »

Les activistes, les humanitaires, les soignants en milieu difficile le connaissent bien — ils lui donnent parfois d'autres noms : fatigue de compassion, burn-out moral, désenchantement. Ce qui est commun à toutes ces formes, c'est l'épuisement de tenir en même temps l'image de ce que le monde devrait être et la vision de ce qu'il est.

La question que le Weltschmerz pose est celle de l'action : est-ce que souffrir du monde suffit ? Est-ce que ça aide ? Probablement pas seul. Mais peut-être que sans cette souffrance, personne ne trouverait jamais l'énergie de vouloir changer quoi que ce soit.

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Postface

Ce que les mots font aux émotions

Les émotions de ce dictionnaire existaient avant que leurs langues les nomment. Les humains ont ressenti le sonder, la toska, le mono no aware, bien avant que ces mots n'existent. Ce que le mot ajoute, ce n'est pas l'émotion — c'est la possibilité de la partager, de la reconnaître chez l'autre, de la conserver dans le temps.

Un sentiment nommé est un sentiment qu'on peut accepter. Ce dictionnaire n'est pas complet. Il ne peut pas l'être — de nouvelles émotions seront nommées chaque année, dans toutes les langues du monde, au fur et à mesure que des gens trouveront les mots pour des expériences qui attendaient depuis longtemps d'être dites.

Fin du dictionnaire.
Le vocabulaire de l'intérieur est sans fond.

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